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La Ferrari 250 GTO est certainement la plus mythique
des voitures construites par la firme du Commendatore.
Présentée en 1962, comme une voiture de Grand Tourisme, c’est en fait un véritable bolide de course. D’ailleurs elle a été conçue pour courir dans la catégorie GT. A l’époque le règlement
prévoyait d’ouvrir cette catégorie aux voitures ayant été construites à plus de 100 exemplaires, mais le rusé Enzo Ferrari présenta la 250 GTO, comme une simple version évoluée des précédentes
250. Et pour bien enfoncer le clou, il l’appela GTO « gran Turismo Omologata » ce qui veut dire Homologuée pour le Grand Tourisme.
Il en a été construit 39 exemplaires de 1962 à 1964.
La liste des victoires sur la plupart des circuits du mondes (mais aussi sur les routes du Tour de France Auto) est impressionnante.
La voiture était équipée du 12 cylindres en V de 3 litres pour une puissance de 300CV, ce qui pouvait mener la voiture à peu prés à 280 km/h en vitesse de pointe.
L’appellation 250 ? C’est le volume d’un seul cylindre : 250 cm3. La structure de la voiture est constituée d’un châssis tubulaire, qui supporte une carrosserie en aluminium. Quant aux
équipements de confort? Tout pour la course, juste le minimum pour pouvoir la faire également rouler sur route ouverte.
La 250 GT0 a toujours eu un pouvoir d’attraction particulier, on la dit très jolie, très course, elle a des performances impressionnantes, elle est rare, bref tout cela peut expliquer que lors de
ces dernières années, la cote de cette voiture se soit emballée. Du coup cela a intéressé une autre catégorie d’investisseurs et maintenant on atteint des records de valeur. Elle est considérée
comme la voiture la plus chère au monde, on parle d’une dernière transaction de l’ordre de 20 millions d’euros !
Quant aux 39 voitures, elles sont en principe toutes répertoriées : N° de chassis, année de fabrication, nom des propriétaires, etc…
La voiture présentée aujourd’hui n’est évidemment pas une originale. Mais on a du mal à la définir : surtout pas dans la catégorie « réplique », terme qui fait penser aux acquéreurs d’un kit
carrosserie déposée sur un trois quart de japonaise Datsun, pas non plus dans la catégorie « reconstruction », puisque celle-ci n’a pas été refaite à partir d’une base authentique de 250 GTO.
Mais son propriétaire Alain GUIHEUX a trouvé avec modestie un terme qui lui convient bien «Evocation d’une 250 GTO».
Il a fallu 22 ans de travail à Alain pour finaliser ce projet. Mais revenons à l’origine de cette belle histoire.
Alain jeune diplômé ne révait que de construction automobile surtout le désign, il écrit aux constructeurs, aux carrossiers pour postuler à un emploi de dessinateur. Puis faute de trouver,
d’autres opportunités le mènent dans la démolition, casseur comme on dit. « J’ai passé ma vie à démolir et il a fallu attendre de nombreuses années pour me tourner enfin vers la reconstruction et
en plus ce que j’ai toujours voulu faire celle d’une voiture ! »
Passionné depuis toujours d’automobiles, en 84-85 il avait le projet d’acquérir une belle voiture, son choix s’était porté sur une Ferrari 275 GTB 4, budget de l’époque 150.000 francs. Mais
les affaires ne sont pas toujours florissantes et il doit mettre en stand-by cette idée, plus préoccupé à solutionner des soucis économiques dans la gestion de son business.
En août 88 c’est la mort d’Enzo Ferrari, c’est à partir de cette date que le prix
des belles anciennes Ferrari s’envole et la 275 GTB 4 s’éloigne.
« Ce projet, c’est l’aboutissement d’un rêve de gosse. Je me remémorais souvent un film de science-fiction, où l’on voyait un enfant sortir une auto miniature d’une boîte de chaussures, la
déposait sur la chaussée, prononçait une parole magique et hop ! Miracle la voiture devenait réelle. Moi j’avais beau déposé une de mes Bugaro parterre, je n’avais pas la formule magique ! Et il
y a plus de 20 ans, je me suis lancé un défi : la plus belle c’est la GTO, tu veux la plus belle, alors pas de formule magique, tu la fais. »
Les travaux ont commencé par la carrosserie : relevé de toutes les cotes de la voiture. Alain a pris des grandes plaques de contreplaqué pour découper les profils dans la longueur. Puis il les a
assemblées avec des traverses de bois pour déterminer les volumes, qui ont été remplis de polystyrène expansé, ensuite recouvert de plâtre, qui a été modelé et poncé. Tout ce travail a servi
de base pour fabriquer le moule. Depuis ce moule n’a délivré que 2 carrosseries.
Le chassis a été construit sur la base du chassis de la 250 GTO : c’est un châssis tubulaire. A l’origine train arrière et moteur proviennent d’une Alfa 6, c'est-à-dire le V6 Alfa 2,5l. Mais
depuis Alain a profité d’une épave de Fiat Dino pour monter le 6 cylindres Ferrari Dino, qui délivre presque 200 CV, avec une boîte ZF. Les demi trains avant proviennent de la
compétition ce sont ceux des Alfa V6 Snobeck, combinés ressort idem et la direction directe c’est celle d’une Caterham.
Quant aux autres accessoires, leur provenance est diverse :
-soit ce sont de véritables pièces GTO, qu’Alain a surtout dénichées chez « Autobank » qui est un fournisseur de pièces spécifiques Ferrari, Maserati, Lamborghini comme le pare-brise, les
poignées de porte, attaches, etc..
-soit ce sont des pièces faites maison : lunette arrière, globes de phare, plancher, grille de changement de vitesse, etc…
-soit ce sont des pièces issues d’autres marques: optiques de phares, barillet de porte, etc…
La voiture est maintenant terminée, elle a donc nécessité des milliers d’heures de travail, énormément de WE et de vacances consacrés à ce projet, mais le résultat est là : magnifique, la qualité
du travail est remarquable. Mais ça n’a pas été toujours facile, comme nous l'explique Alain, il y a eu des moments de découragement, des manques de disponibilité, la voiture a pu rester
plusieurs mois sans bouger sous sa housse, mais la passion est toujours revenue.
Son fils Benjamin GUIHEUX a été un acteur décisif. (Benjamin tient actuellement les rênes de la sociéte Auto Passion Nostalgie à Vern Sur Seiche, garage réputé pour la restauration de voitures
anciennes en particulier les Alfa Romeo.)
Alain souligne : « Benjamin est un passionné, qui grâce à son savoir-faire m’a beaucoup aidé et qui s’est investi personnellement dans ce projet. »
La voiture a déjà été présentée plusieurs fois : Le Mans classic 2008, la
brocante de Lohéac octobre 2008, tout dernièrement à Vern, mais n’avait jamais vraiment roulé.
Le 18 avril 2009 , la voiture était inscrite à la sortie circuit organisée par Parfum de Trèfle et GTV passions. Je me trouvais sur ce circuit ce matin, lorsque j’ai vu arriver la bande d’Autos
Passions Nostalgie : la GTO sur un plateau accompagnée de Benjamin avec sa splendide Jaguar E et 2 copains fidèles les 2 Eric, Eric avec sa BB 512 et Eric avec sa magnifique Alfa GTV Turbo. J’ai
donc assisté aux premiers tours de roue de la voiture. Moteur : même s’il ne s’agit pas du 12 cylindres, le bruit rageur du « petit » 6 cylindres me fait dire qu’on est bien dans la même
division : ambiance garantie ! Les premiers tours se font à vitesse moyenne, histoire de chauffer la mécanique, de se rendre compte du comportement de la voiture, de se remettre en mémoire les
particularités du circuit. Puis tout d’un coup montée en régime et Alain attaque : la voiture est remarquable d’efficacité, les chronos étaient là pour nous faire remarquer L’ «Evocation» ce
n’est pas uniquement de la figuration !
Depuis Alain a avoué, qu'il a passé ce jour là des moments de grand bonheur, mais ils avaient été précédés d'une nuit blanche et d'une grande appréhension.
.
Si un jour Alain pouvait de nouveau nous la présenter à notre rassemblement des étangs d’Apigne, là ça serait magique.
Nous vous laissons le soin de continuer à admirer d’autres photos (photos Ph. Thiery et Bruno alfiste 35) de ce magnifique projet, en
cliquant sur le lien suivant :
album photo de Bruno et Philippe
Ou d’aller sur une page du site d’Autos Passion Nostalgie pour voir des photos des travaux:
FABULEUX ! La passion au paroxysme ! Chapeau bas Monsieur !
Si le propriétaire/constructeur vient nous voir un dimanche , il mériterait le tapis rouge !!
et un bel article sur une Passion,
passion avec un grand P
Denis
Très sympa le reportage! ;)
Bravo Alain pour tout ce travail.
a quand une petite visite à Apigné?
DavidP
Alain bravo, la passion aide à réaliser de grandes choses mais ce n'est certainement ni la première ni la dernière ...